Trois acronymes qu’on emploie souvent comme s’ils étaient interchangeables — alors qu’ils décrivent trois disciplines emboîtées, avec trois métiers, trois échelles de temps et trois budgets différents. Confondre les trois, c’est la meilleure façon de mal piloter un projet design.
L’image qui clarifie tout
Imaginez trois cercles concentriques. Au centre, l’UI. Autour, l’UX. Tout autour, la CX. Le plus petit cercle est le plus visible — c’est ce qu’on voit à l’écran. Le plus grand cercle est le plus structurant — c’est l’ensemble de votre relation avec la marque.
UI — User Interface
- Ce qu’on voit, ce qu’on touche
- Couleurs, typographies, espacements
- Composants : boutons, formulaires, menus
- Livrable : maquettes haute fidélité
- Métier : UI designer / graphiste numérique
UX — User Experience
- Ce qu’on ressent en utilisant
- Parcours, hiérarchie d’information, ergonomie
- Tests utilisateurs, wireframes, prototypes
- Livrable : flux, prototypes, recommandations
- Métier : UX designer / chercheur
À retenir — L’UI s’occupe de ce que l’écran montre. L’UX s’occupe de ce que l’utilisateur essaie de faire avec cet écran. Un bouton parfaitement dessiné (bon UI) qui se trouve au mauvais endroit dans le parcours (mauvais UX) est un échec.
L’UI : la surface visible
L’UI design est le métier de la mise en forme. Le designer UI travaille les détails visuels : la nuance exacte d’un bleu, l’épaisseur d’un trait, la hauteur d’un bouton, l’animation d’un état hover. C’est de l’artisanat de précision, qui demande un œil entraîné et une vraie sensibilité graphique.
Quand quelqu’un dit « il est joli, ton site », il parle d’UI. Quand quelqu’un dit « il est facile à utiliser », il parle d’UX.
L’UX : l’expérience d’usage
L’UX design commence bien avant la maquette. Il commence par poser les bonnes questions : qui sont les utilisateurs ? Qu’essaient-ils d’accomplir ? Dans quelles conditions ? Quels sont leurs points de friction actuels ?
Concrètement, un UX designer produit :
- Des personas et des parcours qui modélisent les usages réels.
- Une architecture d’information qui décide ce qui va où.
- Des wireframes qui posent la structure avant le visuel.
- Des prototypes qu’on teste avec de vrais utilisateurs.
- Des itérations basées sur ce que les tests révèlent.
Le travail UX est largement invisible quand il est bien fait. C’est exactement ce qui rend son retour sur investissement difficile à mesurer — et son absence catastrophique quand on l’a coupé du budget.
Le design n’est pas juste l’apparence et la sensation. Le design, c’est comment ça fonctionne.
— Jared Spool, expert UX
La CX : l’expérience client globale
La CX (Customer Experience) englobe l’UX, mais elle déborde largement du numérique. Elle couvre tous les points de contact entre votre marque et un client — site web, magasin physique, service après-vente, packaging, facturation, relances, retours produit.
Quelques exemples concrets de ce qui relève de la CX et pas de l’UX :
- Le ton de voix du conseiller au téléphone après un litige.
- La qualité du carton et la rapidité de livraison d’une commande.
- La clarté de la facture papier qui arrive dans la boîte aux lettres.
- L’amabilité de l’agent d’accueil à la réception de l’agence.
- La cohérence du message entre une publicité TV et le site web.
À retenir — Si vous pouvez résoudre le problème en modifiant un écran → c’est de l’UI. Si vous devez changer un parcours digital ou une fonctionnalité → c’est de l’UX. Si vous devez aligner plusieurs équipes (marketing, support, logistique) → c’est de la CX.
Pourquoi ça compte pour votre projet
Confondre ces termes a des conséquences budgétaires très concrètes :
- Demander un projet UX à un studio UI = obtenir de belles maquettes pour un parcours mal pensé.
- Demander un projet UI à un studio UX = obtenir un prototype clair mais visuellement faible.
- Demander un projet CX à un studio digital = optimiser le tunnel d’achat sans toucher au vrai problème, qui se joue au SAV.
Comment Andromede aborde les trois
Sur un projet typique, on commence par l’UX (atelier découverte, parcours, wireframes), on enchaîne sur l’UI (design system, maquettes haute fidélité), et on regarde la CX pour vérifier que ce qu’on construit s’intègre dans une expérience cohérente — pas un îlot digital déconnecté du reste de la marque.
Sur certains projets institutionnels, on travaille directement avec les équipes communication, support et événementiel du client : c’est là que la CX prend son sens. Un site web n’est jamais qu’un point de contact parmi d’autres ; le job n’est pas de le rendre joli en silo, mais de le faire jouer sa partition dans un ensemble.
À retenir — L’UI rend les choses belles. L’UX les rend utilisables. La CX les rend cohérentes. Les trois sont indispensables — mais à des moments différents, par des compétences différentes, avec des budgets différents.